Pérou : le passé est présent
Le présent texte expose une synthèse des résultats de la recherche de l'Instituto de Estudios Peruanos et de la Fondation Ford : "No hay mañana sin ayer. Batallas por la memoria y consolidación democrática en América del Sur", dirigée par Carlos Iván Degregori pour les cas péruvien et colombien, et par Peter Winn pour les cas du Cône Sud (Chili, Argentine et Uruguay). Les résultats de cette recherche seront prochainement publiés par l'Instituto de Estudios Peruanos. Ont également participé à cette recherche : Gabriel Salazar, Renzo Aroni, Rosa Vera et Iván Ramírez. Entre 1980 et 2000, le Pérou a vécu sa guerre civile la plus récente, avec un bilan de 69 280 morts et disparus. Quelques mois plus tard, avec la chute du régime d'Alberto Fujimori, s'est amorcé ce qui allait devenir le jalon le plus important de la période post-conflit : la Commission de la Vérité et de la Réconciliation, dont le rapport final, présenté le 28 août 2003, a modifié l'agenda intellectuel et politique du pays. L'objectif de cette présentation est de dresser un bilan des processus de mémoire qui se sont enchaînés depuis lors au Pérou, en tenant compte des caractéristiques particulières qui ont mené à la période la plus violente de notre passé récent, et qui expliquent le devenir de la mémoire « nationale » (en tenant compte de la complexité de ce terme, notamment pour le cas péruvien) après cet important jalon de reconnaissance de la violence interne, et qui peut nous donner des pistes — en outre — sur les « projections » que l'on peut faire de cette mémoire vers l'avenir.