Une guerre de victimes. Les campagnes de guérilla et de contre-insurrection au Guatemala et au Pérou en perspective comparative
Dans les deux pays, les « guerres révolutionnaires » et les « guerres populaires » ont été menées dans les zones éloignées, rurales et indigènes du Quiché et du Petén au Guatemala, et dans les départements d'Ayacucho et de Junín au Pérou. Il existe une justification pour l'interprétation de ces « guerres de basse intensité » comme des guerres civiles ethniques, menées au nom des ethnies indigènes, incorporant des segments de plus en plus importants de la population indigène dans les colonnes des guérillas et dans les organisations paramilitaires d'« autodéfense », et dont le résultat a été, en fin de compte, un lent sacrifice de la population indigène. L'analyse du cas guatémaltèque et péruvien commencera au moment où se sont interrompues les « révolutions militaires » d'Arbenz et de Velasco. Dans les deux pays, ce fut la période des gouvernements à tendance nationaliste-gauchiste, cherchant à mettre en œuvre une réforme agraire et un programme d'autres réformes économiques et sociales, pour liquider les bases économiques et politiques des oligarchies nationales dominantes, pour intégrer les ethnies indigènes au sein de l'État-nation, et pour moderniser l'économie, la société et l'ordre politique, en construisant un État fort et un secteur public de développement social compétent présent dans les régions les plus éloignées du territoire national. (Extrait de la présentation).