Presse et subversion : une lecture de la violence au Pérou
La critique des nouvelles et des articles de journaux fait partie des effets naturels que ce média génère. Cependant, au-delà de cette tonalité, ces dernières années semble se manifester une méfiance à l'égard des sources d'information journalistiques. Le processus subversif a remis en question les racines mêmes du travail journalistique et de ses frontières démocratiques. La presse nationale a été affectée par le processus subversif, comme toute autre institution sociale. Mais sa plus grande responsabilité réside en ce que, dix ans après le début du problème, elle ne prend toujours pas la pleine mesure de ce que cela signifie : elle continue d'exploiter l'information sur le terrorisme, la cataloguant comme n'importe quelle autre matière première d'intérêt ou de sensationnalisme ; dans la couverture et le traitement de l'information, elle utilise ses mêmes moules de travail, en rectifiant plutôt qu'en se remettant en question et en surmontant ses vieux travers. Les journaux coopèrent involontairement avec les objectifs stratégiques de diffusion des insurgés en armes lorsqu'ils disséminent des faits qui amplifient la réalité, informent sans rigueur professionnelle, emploient de manière snob une terminologie d'origine subversive sans prévenir ses effets, et déploient l'information avec un intérêt pécuniaire ou particulier. (Extrait de la présentation).