Contre l'absurde pour la paix. Décret-loi 25564 sur les mineurs et le terrorisme
Jamais comme aujourd'hui l'opinion publique n'a semblé aussi déterminante quant à la nécessité d'appliquer des mesures contre la violence sociale, la crise et les menaces de destruction. Peut-être parce que l'interview télévisée dans la rue et le sondage d'opinion remplacent imaginairement d'autres formes d'exercice démocratique, plus solides et constructives, à un moment où la démocratie se voit repoussée au nom de n'importe quelle autre « priorité ». Comme si l'on y renonrait, d'un certain point de vue, désormais qualifié de pragmatique. Des réclamations véhémentes comme celle de la peine de mort, par exemple, deviennent ainsi l'expression d'une majorité lasse d'être tolérante. La disparition physique de l'autre prend un caractère prophylactique face aux insécurités d'un système incapable de garantir le respect de ses propres règles du jeu. Exiger la peine capitale face à la possibilité, par exemple, que des détenus pour terrorisme corrompent les forces policières et s'évadent, est une manière d'exorciser les craintes de chacun quant à sa propre fragilité. La promulgation du Decreto Ley 25564, ainsi que l'accueil enthousiaste qui lui a été réservé, constituent une preuve claire de ce dangereux phénomène collectif. (Extrait de la présentation).