Le sauvetage des héros. L'affaire « Chavín de Huántar »
Nous avons tous gravée dans la rétine cette après-midi héroïque où un groupe de courageux commandos a fait irruption dans la résidence de l'Ambassadeur du Japon pour libérer vivants soixante-douze otages. Après cent vingt-six jours d'âpres négociations, le gouvernement s'est trouvé à la croisée des chemins : céder à une dangereuse passivité ou procéder à une action décisive. Le Movimiento Revolucionario Túpac Amaru (MRTA) avait fermé toute disposition à négocier. Compte tenu des antécédents de ce groupe terroriste, il était prévisible que l'impasse signifiait également la perte de vies humaines. Le gouvernement de l'époque décida de prendre les rênes par le recours à la force. Les commandos ont agi avec précision, dans le cadre d'un plan dont l'objectif fondamental était de sauver les captifs. L'opération de sauvetage, appelée "Chavín de Huántar", fut un succès, voire exemplaire. L'héroïsme des commandos fut reconnu. Néanmoins, les commandos furent soumis à une injuste suspicion. Près de quinze ans après que leur action a été mise en doute (et dix-huit ans après le sauvetage), les commandos sont réhabilités par une sentence internationale qui, bien qu'elle ne se prononce pas sur les responsabilités individuelles, met fin à l'insécurité qui pesait sur eux avec un double procès. Il est important que l'opinion publique sache que la décision de la Corte Interamericana de Derechos Humanos (Corte IDH) concernant cette affaire constitue une victoire juridique enracinée dans une authentique recherche de vérité et de justice. (Extrait de la présentation).