Quand comparution et quand détention préventive ?

La judiciarisation des cas de violations des droits de l'homme doit aboutir à un nombre significatif de condamnations importantes avec des noms propres, de civils et de militaires, responsables de ce qui s'est passé. Il ne pourrait en être autrement dans le cas d'un pays qui a accumulé, en une période de vingt ans, près de dix mille disparus et des milliers et des milliers de cas d'exécution extrajudiciaire, de torture, de viol et d'innocents emprisonnés. Et à cet égard, il saute aux yeux que, si des progrès sont accomplis, nous continuons à accuser un déficit dangereux : il n'existe pas un seul cas important ayant abouti à une condamnation. Mais ici aussi, il faut appliquer strictement les standards des droits de l'homme : vérité, preuves, légalité, individualisation, et toutes et chacune des garanties du procès équitable. C'est pourquoi il nous semble légitime de débattre du moment où, dans ce type d'affaires, une détention provisoire est justifiée, et celui où seule une mesure de comparution suffit.

Auteur
CANO, Gloria
Éditeur
Revista ideele
Date
2005
Source
CVR - Hemeroteca
Identifiant de référence
articulo-1940