Les déplacés d'Ayacucho restent piégés dans leurs souvenirs
Le 17 mai 1980, à Chuschi, Ayacucho, la terreur est née. Dans cette province dont le vocable quechua signifie « coin des morts », le nombre d'assassinés et de disparus avoisine les 26 000, selon les chercheurs, en 20 ans de violence provoquée par Sendero Luminoso (SL). Le génocide a touché ce village d'artisans et de paysans et a modifié la carte de la population : la Comisión de la Verdad y Reconciliación (CVR) indique que 156 575 habitants d'Ayacucho ont migré vers d'autres localités ou ont quitté la région pour sauver leur vie. Beaucoup d'entre eux ont trouvé refuge à Lima et leurs témoignages ne devraient pas tomber dans l'oubli.