NARCOTRAFIC, VIOLENCE ET PAYSANNERIE DANS LA HAUTE FORÊT

En 1983, Sendero Luminoso décida d'étendre sa zone d'influence traditionnelle au versant oriental des Andes, avec la consigne de "conquérir des bases d'appui". Cette expansion politique et militaire fut possible grâce à la situation sociale et politique difficile dans la zone. Par exemple, les conflits existants entre les intérêts des trafiquants, la police et l'armée. Au milieu de cette situation se trouvaient les paysans qui cultivaient la coca. Sendero cherchait également à atteindre l'hégémonie politique, en canalisant les luttes régionales et celles des comités de producteurs dans son propre calendrier politique. Ainsi, il reconnaissait l'existence de "conditions précises pour développer des contingents de grande mobilité et de puissance de feu". Il se produisit alors une expansion progressive de SL et du MRTA dans leurs zones d'influence respectives, le long du Huallaga. Ces groupes trouvèrent des bases d'appui efficaces – pas nécessairement un engagement idéologique – qui facilitèrent leur travail politique, leurs actions militaires et, au passage, l'obtention d'une source de financement rentable. Sur ce point particulier, le contrôle des rançons a été et reste une source de contradictions constantes entre les forces de sécurité, les groupes insurgés et la délinquance commune. Il ne subsiste que peu de doutes sur les relations économiques et les intérêts communs entre la subversion et les narcotrafiquants, ainsi que sur la soumission de ces derniers aux décisions du parti dans la zone, mais cela ne justifie pas de confondre les deux phénomènes ni la manière de les affronter.

Auteur
SOBERON GARRIDO, Ricardo
Éditeur
SEPIA
Date
1992
Source
CVR - Hemeroteca
Identifiant de référence
articulo-1598

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