Les paysans dans la guerre. Ou comment les gens commencent à faire preuve de courage
Les études sur la décennie de violence ont accordé peu d'attention à la signification et à la structure des comités de défense civile, plus connus sous le nom de « montucos ». Dans la plupart des cas, la vision de ces comités a été liée à la simple équation mécanique forces armées = rondas, sous-estimant le niveau de raisonnement et la capacité à prendre des décisions propres de ces secteurs ruraux, considérés comme des objets mais non comme des sujets politiques. Il n'est donc pas surprenant que l'image qui en existe se limite à une attitude de passivité ou, dans le meilleur des cas, au rôle de simples victimes conduites, comme si les rondas ne répondaient qu'aux manœuvres stratégiques du commandement militaire. Cette appréciation est présente dans presque tous les textes qui analysent le problème, coïncidant d'ailleurs avec le caractère que leur attribue la direction de Sendero Luminoso lorsqu'elle qualifie les rondas de « mesnadas ». Notre propos est de corriger en partie cette incompréhension.