Ayacucho avant la barbarie

Depuis la fin de la guerre, Ayacucho souffre d'un trouble collectif particulier de la mémoire. Les psychologues l'appellent amnésie rétrograde, c'est-à-dire la difficulté à évoquer des informations et des événements antérieurs au début de la "maladie". Cette maladie, pour les Ayacuchanos, s'appelait terrorisme, car leur souvenir et leur mémoire sont restés figés dans ces deux décennies de violence qui les ont acculés et épouvanté. Juan Mendoza Montesinos n'est pas psychologue, il est ingénieur, mais il s'est néanmoins proposé de soulager les nouvelles et les anciennes générations d'Ayacuchanos de cette affliction de caractère social, en conjurant cet oubli involontaire engendré par la terreur avec des images révélatrices du passé. Mendoza a réussi à rassembler 147 photographies, de différents formats, qui montrent le vrai Ayacucho du XXe siècle, celui des héritiers des gestes libérateurs, celui d'une religiosité débordante, et d'un élan invincible pour s'ouvrir vers le développement et la modernité. Publié le 28 mai 2007.

Auteur
Torres Varillas, Nilton
Éditeur
Diario La República
Date
2007
Source
CVR - Hemeroteca
Identifiant de référence
articulo-69