Le crime de La Cantuta. La disparition et la mort d'un professeur et de neuf étudiants qui a secoué le pays
Un après-midi de 1992, un document de l'Asociación Pro Derechos Humanos (APRODEH) me parvint, relatant la disparition d'un professeur et de neuf étudiants de l'Universidad de Educación de La Cantuta. C'était l'une des innombrables notes qui arrivaient au journal « La República ». De prime abord, il était étrange que malgré l'importance des faits, l'affaire ne méritât pas l'attention des autorités gouvernementales ni des secteurs politiques. L'affaire n'eut pas non plus le suivi journalistique qu'elle méritait, bien qu'il s'agît du rapt le plus important survenu dans la capitale du pays. C'était des mois où les disparitions étaient monnaie courante, nous les Péruviens étions pris dans le tourbillon de la violence. Après cet après-midi, j'ai perdu la trace de l'affaire ; je me souviens seulement que quelqu'un m'a dit que les disparus étaient présumés liés à Sendero Luminoso. Les enquêtes de journalistes, de parlementaires et de militaires mécontents ont permis de connaître les agissements d'un groupe clandestin qui opérait sous la protection du Servicio de Inteligencia Nacional (SIN), organisme dirigé par le conseiller du président Fujimori, l'ex-capitaine Vladimiro Montesinos. Malgré les indices pointant la responsabilité des hauts responsables du SIN et de l'Armée, ils ne furent jamais traduits en justice. Mon travail de journaliste m'a permis de suivre de près les péripéties de l'enquête ainsi que les multiples démarches entreprises par les familles pour retrouver leurs proches. (Extrait de l'introduction).
Referenced in events
- Dénonciation publique du groupe Colina par le général Rodolfo Robles
- Découverte des tombes de La Cantuta
- Découverte de tombes avec les restes des disparus de La Cantuta
- Localisation des corps des disparus de La Cantuta
- Non-lieu dans l'affaire Cantuta devant les tribunaux militaires
- Deuxième renvoi du procès Cantuta devant les tribunaux militaires
- Confirmation du rejet de l'affaire Cantuta