Les morts d'Ayacucho. Violence et sites d'enterrement clandestins
Combien de restes reposent enterrés dans les sites clandestins apparus avec la violence ? Question à laquelle il est pour l'heure impossible de répondre, puisque depuis la remise du rapport final de la CVR, en août 2003, très peu de progrès ont été réalisés dans la tâche d'exhumations. Ainsi, entre 2002 et 2011, 200 interventions médico-légales ont été effectuées à Ayacucho, avec l'inhumation de 1 196 corps, dont seulement la moitié ont été identifiés. Comme le souligne le présent rapport, malgré les efforts, le rythme est lent et il faudrait 80 ans pour compléter ce qui est connu, avec la certitude que de nouveaux sites clandestins seront découverts à l'avenir. Le rapport que présente maintenant COMISEDH signale les principales limites du travail d'exhumations. Premièrement, bien que la CVR ait recommandé l'élaboration d'un Plan National d'Investigations Anthropologico-Légistes (PNIAF) et ait créé un Registre National des Sites d'Inhumation, aucune des propositions n'est en cours d'exécution.