Les rondas paysannes et la défaite de Sendero Luminoso.
Le livre constitue, à sa manière, un hommage aux paysans quechuas d'Ayacucho. Des hommes et des femmes au départ absolument désarmés, destinés à jouer le rôle de chœur grec, de figurants de cinéma, de masse de manœuvre ou de chair à canon, qui se sont débrouillés pour reprendre en main leur destin, dans la mesure du possible. Des hommes et des femmes qui, défiant les pronostics et les analyses, ont réussi à trouver leur chemin dans le labyrinthe d'une guerre qui n'était pas la leur, mêlant ambiguïté, ruse, ténacité et patience, audace et prudence, s'adaptant, résistant ou fuyant quand il n'y avait pas d'autre alternative, jusqu'à opter pragmatiquement pour une alliance avec les FFAA lorsque celles-ci modifièrent leur comportement envers le monde paysan, et sortir victorieux de la guerre, plus pauvres qu'avant et portant des cicatrices encore pas pleinement connues, mais fiers et parfois étonnamment optimistes quant à leur avenir. Ce ne sont pas, comme on le voit, des héros de celluloïd, mais ils existent. En certains endroits, séduits ou contraints par SL dans les premiers temps ; en d'autres, poussés par la misère, l'abandon de l'État et le tout est permis du capitalisme de la concurrence totale, à s'allier avec le narcotrafic dans cette forme tortueuse de capitalisme sauvage.