Fossés culturels et éducatifs entre victimes de violence et reste du pays
Les victimes de violence au Pérou présentaient des disparités dramatiques de langue maternelle et de niveau d'instruction par rapport à la population générale.
Selon les données du recensement de 1993, alors qu'un cinquième seulement du pays avait le quechua ou une autre langue autochtone comme langue maternelle, cette proportion dépassait 75 % parmi les morts et disparus signalés à la CVR. Dans les trois départements les plus touchés, la proportion de locuteurs quechua ou d'autres langues autochtones était toujours plus élevée parmi les victimes mortelles que dans l'ensemble de la population. Ce fossé culturel et ethnique considérable est renforcé par la distance éducative existante, les morts et disparus ayant des niveaux d'instruction très inférieurs à ceux de l'ensemble du pays.