COMISSIONS DE LA VÉRITÉ: De l’expérience internationale à la Commission péruvienne

L’idée de créer une commission de la vérité n’est pas propre au Pérou. Beaucoup de pays qui ont traversé des périodes de conflits internes ont créé des commissions de la vérité au moment de leur transition afin d’essayer d’affronter la récupération de la mémoire historique, d’une certaine vérité sur les faits souvent manipulés par l’autorité en place, de se confronter à la question de la justice (le nouveau régime est-il responsable des crimes commis par le précédent ? le système judiciaire en place est-il en mesure d’atteindre cet objectif de justice ?) et d’obtenir une réconciliation nationale. La politique antisubversive appliquée par l’Etat péruvien toute comme la violence politique développée par le Sentier Lumineux et le Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) a conduit, dès le début des années 80, à une culture de violations des droits de l’homme et d’impunité3 qui marquent encore le pays aujourd’hui. La Commission de la Vérité péruvienne sera la 23ème commission de la vérité à l’échelle mondiale et de nouvelles commissions sont en voie de formation à travers le monde, comme c’est le cas en Sierra Leone, au Timor ou en ex -Yougoslavie. Pour autant, il nous semble intéressant dans un premier temps, avant de nous pencher de manière plus approfondie sur la Commission de la Vérité péruvienne, d’examiner les différentes expériences présentant un intérêt particulier pour le cas péruvien.

Author
GUILLEROT, Julie
Publisher
APRODEH
Date
2002
Source
CVR - Hemeroteca
Reference ID
articulo-996